El Botcho se fait une place au soleil

Direction le Sud, et plus précisément Toulon à la rencontre du groupe El Botcho qui prépare la sortie de son nouvel album Jetzt Und Nie. Entre pop, folk et rock, les titres d'El Botcho nous font sourire, planer et danser. Le leader du groupe, Alex Tellier, nous fait entrer dans leur univers.

Groupeelbotcho

Vous êtes un groupe toulonnais de pop-folk, fan de Beck et de pélicans et qui a quelques affinités pour le Mexique. A écouter vos morceaux, on pourrait aussi croire que vous venez de Californie et que vous avez été bercés par les Beach Boys. On se trompe ?

Non, tout est vrai ! Le point commun à tout ça c’est un mélange de fantasme et de culture populaire. Je ne vois pas souvent de pélicans et pour l’instant je ne connais le Mexique qu’à travers les westerns spaghetti et les héros de la révolution. Mais peu importe. L’idée c’est qu’on a "subi" une culture "pop worldwide" depuis tout petit. Les Beatles pour la musique, Hollywood pour le cinéma, les G.I. Joe  pour les jouets ... La liste pourrait être longue. En ce qui me concerne, plutôt que de refouler cet apport, j’ai voulu le mixer, prendre les codes qui me plaisaient et les réinterpréter à ma sauce, depuis Toulon. J’adore l’idée de vivre dans une ville qui n’a rien à envier à San Francisco. On a le soleil, la rade (la baie), les plages et même quelques vagues, les artistes underground … Finalement, il manque juste le tram' et un pont vers Saint-Mandrier !

Votre nouvel EP sortira le 29 mai et vous préparez également un deuxième album, Jetzt Und Nie, prévu pour l'automne 2014. Pouvez-vous nous faire le pitch de ce prochain opus ?

Le single "Plenty of faces", qui figure sur l’EP du même nom et aussi sur l’album, parle justement de San Fransisco et de la maison bleue. Celle de Maxime le Forestier. Mais dans nos paroles, cette maison brûle … Et les idéaux hippies avec. Cette chanson, je l’ai écrite le jour de la nouvelle année hébraïque (5772), alors que dans l’actualité on parlait des Roms expulsés de France de façon massive. J’ai cette image qui me reste en tête de ces familles et de leurs visages (plenty of faces), collés aux fenêtres des bus qui les éloignaient de leurs campements. Je vois ça avec ce qui me reste de mon regard d’enfant et ça me révolte. Est-ce que pour autant j’ai fait quelque chose pour aider ces gens ? Non. "Plenty of faces" parle de ce sentiment. De la perte des idéaux, à laquelle on est tous confronté, un jour où l’autre.

Sinon, musicalement avec Jetzt Und Nie, ce qui signifie "maintenant et jamais", on a voulu s’éloigner un peu de la folk et tendre vers le rock-indé. Mais on n'est pas les mieux placé pour en parler. On nous sort toujours des références auxquelles on ne s’attend pas et c’est ça qui est aussi super. Maintenant l’album ne nous appartient plus et tant mieux. C’est le premier disque qui sortira sur notre micro label Toolong records, qui l’a co-produit avec l’association MIDI, organisatrice du MIDI Festival.

El Botcho était une aventure solitaire avant de devenir une histoire de groupe. Quels sont les avantages et les inconvénients à faire de la musique en bande ?

Je mentirais si je disais que ce ne sont pas surtout des avantages. L’énergie n’est pas la même à plusieurs, et musicalement c’est beaucoup plus riche évidemment. Chacun amène ses influences, son style de jeu ... Puis on se construit des souvenirs ensemble, c’est beaucoup plus rigolo.

Sur scène, El Botcho ça donne quoi ? Pouvez-vous nous parler de vos concerts à venir ?

Sur scène on est donc quatre. Il paraît que c’est "frais", "pop" et "sautillant" avec quelques passages plus sauvages. Je ne dis pas "psyché" car l’usage abusif de ce terme ces derniers temps me laisse dubitatif. On joue des titres de Jetzt Und Nie mais on prend aussi beaucoup de plaisir à jouer des chansons de notre premier album In the wrong place at the right time.

On était à Marseille à l’U.percut le 25 avril dans le cadre d’une soirée organisée par CWS radio, une toute jeune web radio marseillaise, puisqu’elle fête son premier anniversaire. Sinon, on est invité à jouer pour une compétition de Stand Up Paddle, la SUP Race, qui fait escale à Sainte-Maxime dans le Var. Ce sera le 24 mai. Ce sera certainement très "californien". Enfin, on organise un week-end événement à la librairie Contrebandes à Toulon les 20 et 21 juin. A cette occasion, on accueille Anthony Pastor, le dessinateur / auteur de BD qui a réalisé la pochette de Jetzt Und Nie. Ce sera une super occasion pour le public de venir discuter de l’album avec lui et avec nous à l’occasion du concert que l’on donnera le vendredi soir. Il fera aussi des dédicaces de son dernier bouquin Bonbons atomiques le samedi et je ferai un concert dessiné avec lui … De chouettes moments en perspective.

Concert