The Valley Of Astonishment, Peter Brook

Depuis le 29 avril et jusqu'au 31 mai prochain, Peter Brook nous présente sa dernière collaboration avec Marie-Hélène Estienne : The Valley of Astonishment. Un plongeon dans les méandres du cerveau malade. L'occasion pour Le Mag' de vous parler de cette pièce émouvante et intelligente jouée actuellement aux Bouffes du Nord, théâtre cher au metteur en scène britannique.

The valley of astonishment © Pascal Victor / ArtComArt

The Valley Of Astonishment, © Pascal Victor / ArtComArt

Ce n'est pas la première fois que Peter Brook s'intéresse au dysfonctionnement du cerveau chez les patients atteints de maladies neurologiques. Après L'Homme Qui présenté en 1993, Peter Brook revient aux côtés de Marie-Hélène Estienne pour nous présenter le fruit de leur "recherche théâtrale" : The Valley Of Astonishment. Le titre est emprunté au poème de Farid Al-Din Attar, La conférence des Oiseaux qu'il avait d'ailleurs mis en scène en 1979. Voilà ici une manière légère et subtile de nous faire réfléchir sur ce qu'est la différence, ce qu'est être différent et aussi sur comment vivre en étant différent.

Dans ce nouveau spectacle, les deux metteurs en scène se concentrent sur une seule pathologie : la synesthésie. C'est ce trouble de la perception qui dans sa forme la plus courante, provoque chez le malade la faculté de voir les lettres et les sons en couleurs. Ce sont les dimensions artistiques et poétiques de cette maladie qui ont interpellé Brook : "Aujourd’hui, nous voulons explorer à nouveau le cerveau, mais cette fois le spectateur va se trouver confronté à des individus chez qui la musique, la couleur, le goût, les images, la mémoire leurs font vivre des expériences d’une telle intensité qu’ils passent d’un moment à l’autre du paradis à l’enfer".

Et puisqu'il est question d'expériences, le spectateur n'est pas en reste. Face à cette mise en scène courte (1h30) et d'une simplicité propre à Brook (quelques chaises et tables de bois), le public observe les 3 comédiens enchainer les rôles sous ses yeux (Kathryn Hunter, Marcello Magni et Jared McNeill). Il ressent la lumière, les couleurs et les mots, bercé par la musique de Raphaël Chambouvet et Toshi Tsuchitori, le tout dans cette salle pleine de souvenirs et d'histoires du théâtre des Bouffes du Nord.  

Il ne vous reste donc que 15 jours pour assister à ce spectacle joué en anglais (parfaitement surtitré en français pour les non-bilingues, rassurez-vous !) puisqu'il partira en tournée dans toute l'Europe dès le 5 juin. Après un petit crochet par le Theatre for a New Audience de New-York, ce sera au tour du Théâtre d'Arras (du 12 au 15 novembre) et du Théâtre du Gymnase de Marseille (du 10 au 14 décembre) d'accueillir ce dernier-né.

Paris Théâtre Bouffes du Nord

Ajouter un commentaire