Le retour de la censure en France ?

Au cours des derniers mois, le réalisateur français Pascal Laugier a dû livrer bataille avec la Commission de Classification afin que son film d'horreur Martyrs ne soit pas frappé d'une interdiction aux moins de 18 ans, interdiction qui aurait été fatale à sa distribution (les grands circuits de distribution ainsi que le petit écran l'aurait refusé). Après trois auditions acharnées devant la Commission, le réalisateur a réussi à obtenir gain de cause, à savoir une interdiction aux moins de 16 ans avec avertissement.

martyrs

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Ce qu'il faut savoir, c'est que le gouvernement a instauré depuis 2001 un degré supplémentaire d’interdiction : l’interdiction aux mineurs de 18 ans en dehors du classement X déjà existant. Concernant l'aspect pornographique, l'instauration ne pose pas de problème, mais la nouveauté réside dans un certain rejet de la violence qui n'avait pas atteint un tel niveau depuis les années 70. (le fonctionnement de la Commission est présenté en détails sur le site du CNC).

Une certaine forme de censure anti-violence fait donc son retour en France depuis quelques mois : ainsi, les films Quand l'embryon Part Braconner (un film de cinémathèque japonais datant de 1966!) ou encore Saw III qui« donne le sentiment qu'un palier est franchi dans ce qui est montré dans un film appartenant à cette catégorie cinématographique » ont été interdits aux moins de 18 ans. Mais la vocation de cette « catégorie cinématographique », à savoir le cinéma d'horreur, n'est-elle justement pas de montrer les ravages de la violence ? Le spectateur qui va voir un film d'horreur en toute conscience ne s'attend il pas, que dis-je, n'espère-t-il pas être secoué sur son siège par des séquences promptes à le terroriser ? Les films d'horreur devront-ils cesser d'être horribles afin de pouvoir être distribués normalement ?

Une pratique de la censure, plus inquiétante et malhonnête encore, concerne le petit écran : en effet, des séquences de la série 24 Heures ont tout simplement été coupées lors de sa diffusion sur TF1 (au lieu de changer le degré de classification ou l'horaire de diffusion), tout comme des dialogues de Dawson ou Buffy (séries pourtant peu sulfureuses) ont carrément été modifiés lors du doublage !

La confusion règne donc sur le paysage cinématographique français, qui marche lentement mais sûrement sur les plates-bandes conservatrices du système américain (le film Les Choristes y a été interdit aux moins de 16 ans en raison d'un langage trop grossier!!).

Dans tous les cas, les amateurs de films d'horreur sont pour l'instant soulagés, car ils pourront se ruer dans les salles obscures le 3 septembre prochain afin de frissonner (de plaisir?) devant le métrage de Pascal Laugier qui s'avère des plus...saignants !

Vous êtes fan de films d'horreur, ou vous détestez les films d'horreur : venez réagir à ce texte sur le forum d'AgendaCulturel.fr.

Pour plus d'information, vous pouvez aller lire l'article d'Albert Montagne sur le film Martyrs .

Commentaires (1)

Decreuse
  • 1. Decreuse | 17/03/2011

Je trouve effarant que sur une page intitulée "Agenda culturel" on trouve autant de fautes de grammaire et d'orthographe. Votre rédacteur est-il analphabète ?
Guy Decreuse


afin que son film d’horreur Martyrs ne se voit pas frappé (subjonctif ?)

une interdiction au moins de 16 ans (deux fois !)

les film / les ravages la violence (sans commentaire)

ne s’attend-t-il pas (pourquoi ce -t- ?)

Les films d’horreur ... afin de pouvoir être distribué (sans commentaire)

des plus…saignant ! (4ème faute d'accord)

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